Falaises, anses abritées et îles sauvages font de la Bretagne un véritable sanctuaire pour la faune marine. Dauphins, phoques, requins ou oiseaux, certains y vivent à l’année, et d’autres y font escale. De passage dans la région ou pour un long séjour, vous pourriez y découvrir quelques animaux marins. Voici six espèces emblématiques à contempler sans déranger, pour des instants suspendus entre ciel et océan.
1. Le grand dauphin, emblème des côtes bretonnes
Une nageoire dorsale fend la surface, puis deux, et trois. La magie opère. Le grand dauphin, reconnaissable à sa silhouette musclée et sa robe gris ardoise, évolue en toute liberté le long du littoral breton. Bien que capable de parcourir une centaine de kilomètres en une journée, ce mammifère marin est fidèle à son territoire. On recense environ 400 individus dans le golfe normand-breton, notamment en baie du Mont-Saint-Michel. C’est la plus grande population d’animaux marins de cette espèce en Europe.
En mer d’Iroise, deux autres groupes fréquentent les abords de Molène et de Sein. Espiègle, mais imprévisible, le dauphin se montre à ses conditions. Un claquement de nageoire caudale ? Mieux vaut lui laisser de l’espace. Lors d’une sortie en mer, laissez l’initiative à l’animal : les rencontres les plus belles sont celles qui ne s’imposent pas. Vous pourriez aussi croiser des marsouins, des dauphins communs ou de Risso, voire, avec de la chance, un cachalot, un globicéphale noir ou une orque.
2. Le requin-pèlerin, géant placide et menacé
Rencontrer un requin-pèlerin dans les eaux bretonnes relève du privilège. Au printemps et en été, il évolue lentement près de la surface. Ses emplacements privilégiés sont au large du Morbihan (entre Groix, Ploemeur, Houat et Quiberon) ou près des îles Glénan. Il se nourrit en filtrant le plancton le long des courants appelés « lignes de marée ».
Parmi les animaux marins du coin, il est considéré comme prédateur au gabarit impressionnant. Pourtant, le requin-pèlerin est d’une placidité désarmante. Classé espèce en danger critique d’extinction, il incarne la fragilité des écosystèmes marins. Un autre géant, le requin-taupe, réapparaît ponctuellement au large du Trégor ou autour de Bréhat. Sa marque : une tache blanche singulière sur l’aileron dorsal, arrondi comme une virgule dans l’écume.
3. Le phoque gris, résident fidèle de l’Iroise parmi les animaux marins

Avec son museau allongé et son regard curieux, le phoque gris règne sur le parc naturel marin d’Iroise. La plus grande colonie française s’y épanouit dans les meilleures conditions. Le pelage sombre tacheté désigne un mâle, et le clair, une femelle. On peut l’admirer tout au long de l’année, notamment sur les îlots autour de Sein, Molène ou à la pointe de Penmarc’h. Veillez à respecter les règles et mesures de protection de la faune marine pour ne pas être inquiété par les autorités locales.
La position généralement adoptée est dite « banane », caractérisée par la tête et la queue relevées. D’autres animaux marins de cette espèce se réfugient dans l’archipel des Sept-Îles ou en baie de Morlaix. Une nage avec palmes depuis Plougasnou vous mènera peut-être jusqu’à eux. Attention à ne pas assimiler cette espèce avec le veau marin, moins grand et visible surtout dans la baie du Mont-Saint-Michel.
4. Le macareux moine, trésor fragile des mers bretonnes
Avec son large bec tricolore et ses allures clownesques, le macareux moine mérite bien son surnom de « perroquet des mers ». Ce discret oiseau marin, autrefois largement répandu est en déclin à cause de la chasse, des pollutions et des changements dans les écosystèmes. Aujourd’hui, seuls 150 voire 200 couples nichent encore en France, exclusivement dans la réserve naturelle des Sept-Îles. C’est un site pour animaux marins classé et surveillé.
Revenu chaque année entre mars et juillet, le macareux s’y installe pour se reproduire et nourrir son unique poussin. Il se sert de son bec pour lui apporter une belle cargaison d’alevins. En vol, il est élégant, mais à terre, sa démarche maladroite et son regard curieux font fondre même les plus indifférents. Observer ce petit survivant des animaux marins relève du privilège et de l’émotion pure.
5. Le pingouin torda, discret habitant du littoral breton
On le confond souvent avec son cousin du Grand Nord, mais le pingouin torda, lui, sait voler. Il s’y prend même avec une certaine facilité. Ce petit oiseau marin est identifiable à son plumage noir et blanc, en plus d’un bec épais. Il figure malheureusement parmi les animaux marins les plus rares et menacés de l’hexagone.
Timide et farouche, le pingouin torda décolle à la moindre alerte. Pourtant, il niche fidèlement chaque printemps sur les falaises escarpées de l’archipel des Sept-Îles, entre février et juillet, ainsi qu’en baie de Douarnenez. Pour l’observer sans le déranger, rien ne vaut une sortie en mer : on le distingue alors flottant comme une bouée. N’hésitez pas à faire appel à un spécialiste des soins pour animaux marins ou blessés, si vous rencontrez des spécimens en fâcheuse posture.
6. Le fou de Bassan, maître plongeur des océans et des animaux marins

Spectaculaire dans les airs, saisissant en piqué : le fou de Bassan est la vedette incontestée des Sept-Îles. Ce grand oiseau blanc aux ailes effilées, couronné d’une tête dorée et d’un bec bleuté, a élu domicile sur l’île Rouzic. C’est l’unique site de nidification répertorié en France pour ce type d’animaux marins.
De janvier à septembre, plus de 11 000 couples s’y retrouvent pour renforcer leur lien après des mois d’errance en haute mer. Les joutes sonores entre voisins sont fréquentes, mais dès qu’il s’élance, le fou impressionne. Il replie ses ailes comme une flèche, et transperce la surface marine à pleine vitesse pour capturer ses proies. Une technique millimétrée, digne d’un champion olympique des profondeurs.
Les animaux marins observables en Bretagne nous rappellent la beauté fragile du milieu marin. Ils se démarquent par leurs comportements fascinants, leurs silhouettes inattendues et leurs habitats d’une richesse inouïe. Qu’il s’agisse d’un grand dauphin curieux, d’un requin-pèlerin placide ou d’un phoque gris alangui sur un rocher, chaque rencontre invite à la contemplation. Ne vous contentez pas d’observer, mais contribuez aussi à la préservation. Voir ces animaux marins dans leur environnement naturel, sans les perturber, c’est participer à la protection de cette faune extraordinaire. C’est elle qui fait la richesse vivante de nos côtes.






