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Devenir famille d’accueil : peut-on travailler en plus ?

Devenir famille d'accueil

Devenir famille d’accueil implique un engagement fort à ne pas banaliser. Le métier d’assistant familial ne s’apparente pas à un emploi classique. En effet, il mobilise des compétences spécifiques, un investissement personnel constant et une forte disponibilité. Avant de vouloir exercer la profession en parallèle d’une autre activité, il faut bien mesurer les implications de cette fonction éducative et familiale. Peut-on réellement accueillir un enfant et mener une autre carrière professionnelle ? La législation autorise-t-elle cette double activité ? Ce dossier fait le point pour mieux comprendre s’il est compatible d’être famille d’accueil et travailler en même temps.

Définition et rôle du métier d’assistant familial

Devenir famille d'accueil

Exercer comme assistant familial signifie accueillir des enfants confiés par les services du département. Le contexte est généralement marqué par une séparation temporaire d’avec leurs parents. Cette rupture résulte le plus souvent d’une situation de fragilité ou de défaillance familiale, identifiée dans le cadre de la protection de l’enfance. L’accueil de l’enfant s’effectue au domicile de l’assistant, dans un cadre familial pensé pour garantir l’épanouissement et la sécurité du jeune.

Une mission au cœur du dispositif de l’aide sociale à l’enfance

Souvent méconnu, le placement en famille d’accueil joue pourtant un rôle fondamental dans la mission de l’aide sociale à l’enfance (ASE). L’assistant familial devient un acteur éducatif à part entière, intégré à une équipe pluridisciplinaire qui encadre le suivi de chaque enfant accueilli. Son rôle dépasse l’hébergement. Il participe à la construction du projet de vie du jeune accueilli dans une famille. L’atteinte de ce but n’est possible qu’avec le soutien de travailleurs sociaux et des services départementaux.

Prendre la décision de devenir famille d’accueil vous permet d’accueillir un ou plusieurs mineurs ou jeunes majeurs (jusqu’à 21 ans). Tout dépendra des conditions d’accueil prévues par l’agrément fourni par le conseil départemental. Cet accueil familial s’inscrit dans la durée, parfois pour plusieurs années. L’assistant familial a le devoir d’assumer des responsabilités éducatives et affectives fortes, à travers plusieurs axes :

  • Être présent, à l’écoute et disponible pour l’enfant placé ;
  • Offrir un environnement sécurisant, stable et adapté au profil de l’enfant ;
  • Conserver autant que possible la relation avec la famille naturelle de l’enfant ;
  • Prendre part au cadre éducatif défini par l’ASE ;
  • Détecter toute situation qui met en péril la protection de l’enfant, et la signaler ;
  • Travailler en lien étroit avec l’équipe éducative, notamment lors des bilans et réunions de suivi.

Bien que toute la famille participe à l’accueil au quotidien, seul le titulaire de l’agrément est juridiquement responsable de l’enfant confié. Tous les détails sont consultables via les clauses du contrat d’accueil. Le respect des critères d’agrément, des conditions matérielles et de l’équilibre familial est donc indispensable pour accueillir les enfants dans les meilleures conditions. Bien se renseigner à propos des impacts financiers et obligations liées à la garde d’enfant s’avère nécessaire.

Avantages à devenir famille d’accueil

Exercer comme assistant familial présente de nombreux atouts, tant sur le plan personnel que professionnel. Ce métier rémunéré et reconnu comme tel ne requiert pas de diplôme initial spécifique. Par contre, il implique un parcours de formation obligatoire et l’obtention du diplôme d’État d’assistant familial (DEAF). Au préalable, le dossier de demande d’agrément doit être accepté par le conseil départemental.

Les principaux avantages relatifs à l’exercice de la profession sont :

  • Travailler depuis son domicile, dans un cadre familial ;
  • Conserver une forme d’autonomie professionnelle, être entouré d’un accompagnement éducatif mené par des éducateurs spécialisés, psychologues, ou travailleurs sociaux ;
  • Accueillir un nombre restreint de mineurs ou jeunes majeurs (généralement un à trois enfants) pour permettre un accueil personnalisé ;
  • Évoluer dans un environnement humain, enrichissant, centré sur le développement affectif et éducatif des enfants confiés.

L’accueil de l’enfant donne lieu à un contrat d’accueil, dont les modalités dépendent des conditions d’hébergement spécifiques à chaque situation. En général, l’assistant familial exerce à temps plein, et l’engagement demandé implique une présence constante auprès de l’enfant placé. Il doit également comprendre les implications légales d’un changement de situation familiale pour bien jouer son rôle.

Inconvénients du métier d’assistant familial

Malgré ses qualités, ce placement familial présente aussi plusieurs contraintes. L’assistant familial, en tant que travailleur social, doit démontrer une implication constante. Il devra aussi être en mesure de s’adapter aux réalités complexes des enfants accueillis.

Les principaux défis à relever incluent :

  • Une disponibilité totale exigée au quotidien, y compris la nuit et les week-ends ;
  • Une rémunération changeante, généralement basée sur le nombre d’enfants accueillis et la période du placement ;
  • Un environnement de travail qui empiète fortement sur la vie de famille, et requiert l’adhésion de l’ensemble des personnes vivant au domicile ;
  • Une difficulté à cumuler cette mission avec une autre activité professionnelle, en raison de la charge affective et éducative.

À cela s’ajoute un risque administratif : l’agrément délivré par le président du conseil départemental n’est valable que cinq ans. La reconduction de l’agrément est en plus soumise à conditions. L’agrément peut être suspendu, voire retiré en cas de changement de situation familiale ou de dégradation de l’état de santé. Cela pourrait aussi avoir lieu après un contrôle des services du département. Ainsi, l’assistant familial est empêché de continuer d’accueillir des enfants placés.

Peut-on être famille d’accueil et avoir une autre activité professionnelle ?

Devenir famille d'accueil

Rien dans le Code de l’action sociale et des familles n’interdit à un assistant familial d’exercer un second emploi. Indépendamment de ce point, la loi encadre strictement cette alternative de plusieurs manières. Toute autre activité professionnelle ne doit jamais compromettre le bien-être, la sécurité ou l’intérêt supérieur du mineur accueilli. Lorsque vous choisissez de devenir famille d’accueil, le développement affectif et éducatif de l’enfant placé est votre priorité quotidienne.

Les contraintes liées au métier d’assistant familial

Dans la pratique, cumuler deux emplois reste difficile pour un assistant familial. Cette fonction exige une présence constante et une grande disponibilité. Les rendez-vous de suivi médico-social de l’enfant accueilli, organisés par les services départementaux de protection de l’enfance, ont souvent lieu en semaine, en journée. Il en découle alors une limitation, quant à la possibilité d’avoir une autre activité professionnelle à horaires fixes.

L’assistant familial doit également gérer de nombreuses démarches en lien avec les parents d’origine du mineur. Certains conservent l’autorité parentale, sauf décision contraire du juge des enfants. Ainsi, toute décision à propos :

  • D’une consultation médicale ;
  • D’une intervention chirurgicale ;
  • D’une activité extrascolaire ;
  • D’un départ en vacances ; requiert leur autorisation.

Cette mesure s’applique dès lors que l’enfant est accueilli dans une famille de façon prolongée. Cette coordination nécessite du temps et une bonne organisation familiale.

Soulignons que le conjoint de l’assistant familial, ou tout autre membre de la famille n’est pas concerné par ces restrictions professionnelles. Il ou elle peut exercer librement toute activité, sous réserve de garantir un environnement sécurisant et favorable à l’épanouissement du jeune accueilli.

Exercer un second emploi et devenir famille d’accueil : l’autorisation indispensable

Dans certaines configurations, concilier l’activité de famille d’accueil et emploi peut s’envisager. C’est notamment le cas lorsque le détenteur de l’agrément délivré par le responsable du conseil départemental exerce une activité indépendante. Il s’agit de celle qui s’effectue depuis son propre domicile. Cette situation permet une plus grande flexibilité dans la gestion du temps, en particulier lorsque l’enfant accueilli est scolarisé.

Durant les horaires de classe, l’assistant familial peut ainsi organiser ses autres tâches professionnelles, sans compromettre :

  • La nature de l’accueil de l’enfant ;
  • Le suivi familial.

En revanche, pour les assistants familiaux salariés d’un établissement ou d’un service de placement familial, la double activité professionnelle est soumise à conditions. Avant d’accepter un autre emploi, même ponctuel, ces professionnels doivent obtenir l’accord express de leur employeur. Cette précaution vise à s’assurer que le cadre éducatif et sécurisant offert à chaque enfant accueilli reste prioritaire.

Le second emploi ne pourra alors être considéré comme une activité complémentaire qu’à une condition. Il ne doit pas nuire à la disponibilité nécessaire pour répondre aux besoins des mineurs confiés lorsque vous acceptez de devenir famille d’accueil.

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